L'Histoire 489 2021 01.pdf

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Si fragile, si forte
soit d’humain ».
Actions sacrilèges, sau-
vagerie, le peuple qui ne pardonne rien
accrut sa pression sur les dirigeants ac-
cusés de tous les maux. La démocratie
tissée de confiance résista mal à la mon-
tée des émotions violentes. Les élites
se coupèrent d’une population grossie
par les milliers de réfugiés que Périclès
avait mis à l’abri derrière les murs de la
ville. Le mépris et l’incompréhension
s’accrurent lorsque le cours nouveau de
la guerre donna une place nouvelle aux
auxiliaires, ou aux simples rameurs, ci-
toyens illettrés qui jusqu’alors n’avaient
guère voix au chapitre.
En 404 av. J.-C. Athènes, vaincue et
humiliée, voit s’écrouler ses institutions
en même temps que les remparts qui fai-
saient son orgueil. Trente oligarques re-
venus d’exil imposent à la cité un régime
de terreur qui fait culminer exécutions
sommaires, bannissements et massacres
de civils.
Et pourtant… L’histoire ne s’arrête pas
là. Thucydide ne le raconte pas car son
récit, un peu inexplicablement, s’arrête
brutalement en 411. Mais ce que nous
montrent dans ce dossier Vincent Azou-
lay et Paulin Ismard (qui signent chez
Flammarion un livre sur 403), c’est que
la démocratie n’est pas morte. Par deux
fois, Thrasybule, héros discret et bien
oublié, l’a sauvée. Une première fois,
en 410, en levant à Samos une armée
de rameurs qui chasse les oligarques.
Sept ans plus tard, contre les Trente, il
rassemble une armée de fantassins (ci-
toyens, métèques et esclaves mêlés), re-
prend Athènes et renverse les tyrans.
Plus à l’aise sur les champs de bataille
qu’à l’assemblée, il ne s’est guère imposé
dans l’histoire. Mais, en inventant l’am-
nistie, la communauté blessée des Athé-
niens saura, sur des bases nouvelles,
faire vivre pour longtemps une démo-
cratie finalement renforcée et stabilisée.
On enterra vite le projet de Thrasybule
qui accordait la citoyenneté aux étran-
gers et aux esclaves résistants. Plus forte
et résiliente qu’on ne le croit souvent, la
démocratie est aussi oublieuse de ceux
qui sont prêts à mourir pour elle. Nous
aimons à leur dédier ce dossier. 
n
L’Histoire
L’HISTOIRE
/ N°497 / JANVIER 2021
a portée du conflit dépassait tous
ceux qui l’avaient précédé. »
La
guerre du Péloponnèse est un
affrontement hors norme, qui
en un peu moins de trente ans
ravagea la Grèce et, bien au-
delà, l’ordre du monde des cités. Si elle
nous est si familière, c’est que Thucy-
dide s’en est fait l’historien à chaud et,
par la force de sa méthode et de sa dé-
monstration, en a tiré un des plus grands
récits de guerre.
Ce qu’a aussi imposé Thucydide, c’est
l’idée que ce conflit généralisé a eu rai-
son de la démocratie athénienne. Quoi
de plus symbolique, à cet égard, que la
mort de Périclès, en 429 av. J.-C., au dé-
but du conflit ? Le grand stratège avait
eu le temps de prononcer une « oraison
funèbre » en l’honneur des premiers sol-
dats tués, éloge de la démocratie, par-
venu lui aussi jusqu’à nous par la grâce
du texte de Thucydide. La tradition, qui
aime les âges d’or, fit le reste. La démo-
cratie athénienne, pour jamais, serait
morte avec Périclès.
La communauté
blessée des Athéniens
fera, sur des bases
nouvelles, revivre
une démocratie
renforcée et stabilisée
C’est peu dire que vingt-sept ans de
combats déstabilisèrent une cité qui
y perdit peut-être les deux tiers de ses
citoyens (hommes adultes), beaucoup
plus que la France dans la Première
Guerre mondiale. Le régime fondé par
Solon et Clisthène, les sages législateurs
du vi
e
 siècle, et porté à son acmé par
Périclès pendant les trente ans de son
« règne », en fut totalement déréglé. Le
bel équilibre des institutions céda dit-
on devant les « démagogues sans scru-
pules  ». L’épidémie ajoutant à la pa-
nique,
« les hommes,
écrit Thucydide,
cessèrent de rien respecter soit de divin,
4
/
a-t-il emmuré
des chrétiens dans
une caverne ?
Dans son article « Dèce,
premier persécuteur des
chrétiens ? » (L’Histoire n° 477),
Claire Sotinel fait l’impasse sur
la légende, popularisée par les
Églises catholique et orthodoxe
ainsi que le Coran, des Sept
Dormants d’Éphèse. Celle-ci
raconte que des chrétiens
refusant de sacrifier auraient
été emmurés dans une caverne
sur ordre de Dèce et se seraient
« réveillés » deux siècles plus
tard sous Théodose II.
Michel Lavanant
La tradition des Sept Dormants
d’Éphèse n’appartient pas au
iii
e
 siècle, mais à une période
plus tardive : elle naît au plus
tôt lorsque les Sept Dormants
sont censés se réveiller, c’est-à-
dire vers le v
e
 siècle, alors que
les relations entre le pouvoir
impérial et le christianisme
ont radicalement changé,
raison pour laquelle elle n’est
pas abordée dans le corps de
l’article, puisque ce dernier ne
concerne que les équilibres
entre pouvoir et religion sous
Trajan Dèce. Il conviendrait de
traiter dans un autre article le
sujet passionnant de la
mémoire des persécutions.
n
Dèce
Forum
VOUS NOUS ÉCRIVEZ
L’Afrique de
Joseph Conrad
e dossier «  1885, confé-
rence de Berlin : le partage
de l’Afrique  » (L’His-
toire n° 477,
novembre 2020)
a suscité beaucoup de réac-
tions. Eugénie Bertrand nous
écrit :
« Joseph Conrad a tra-
vaillé trois ans pour une com-
pagnie commerciale de l’État
indépendant du Congo, et cette expérience en a
fait l’un des premiers Européens à dénoncer la
colonisation. Il a d’ailleurs participé, avec Ar-
thur Conan Doyle et Mark Twain, à une cam-
pagne poussant la Chambre des communes bri-
tannique à condamner le Congo belge. Mais la
position de Conrad a été fortement débattue de-
puis quarante ans. A côté de sa dénonciation du
colonialisme, on trouve une description “exoti-
cisante” d’Africains gesticulants ou cannibales,
perçue comme raciste par certains comme l’écri-
vain nigérian Chinua Achebe. »
Aussi sur le Congo, Pierre Arnoux précise :
« Pour
la petite anecdote, c’est Roger Casement, artisan
malheureux de l’indépendance irlandaise, qui
a mené la commission d’enquête documentant
les atrocités commises par les autorités belges,
en particulier sur la question des fameuses
mains coupées. Vingt ans après, c’est encore la
colonisation belge qu’André Gide dénonce dans
Voyage au Congo. »
Yves Marguerat s’est intéressé à Bismarck :
« La
conférence de Berlin correspond à un mo-
ment où Bismarck tente de se rapprocher de
la France, cherchant par cette réconciliation à
détourner cette dernière de la ligne bleue des
Vosges. Cette politique s’inscrit par ailleurs dans
le souhait de Bismarck d’éloigner l’Allemagne
du Royaume-Uni, contre l’anglophilie de l’hé-
ritier de l’empereur Guillaume I
er
 : Frédéric III,
gendre de la reine Victoria. La mort de Frédé-
ric III en 1888, après seulement trois mois de
règne, correspond alors à la fin de la réconcilia-
tion franco-allemande avec l’arrivée au pouvoir
de Guillaume II. »
L
absent
Dans l’article d’Alexandre
Bande (L’Histoire n° 477),
parmi les cinq généraux et
colonels cités sur la plaque
accompagnant l’urne du cœur
de Gambetta, ne figure pas
Charles-Denis Bourbaki, qui
mène pourtant l’armée du
Nord puis de l’Est : comment
cela se fait-il ?
Yvonnick Martin
n
Bourbaki
La réponse
d’Alexandre Bande
La réponse de Claire Sotinel
La plaque commémorative
en question souhaite rendre
hommage aux officiers ayant
« sauvé l’honneur de la France ».
Or le général Bourbaki n’a pas
réussi à prendre Belfort,
a dû battre en retraite dans
le Jura et son armée, réfugiée
en Suisse, a été mise en
captivité par les autorités
locales
(cf. L’Histoire n° 469).
La République n’a donc
aucune envie de s’en souvenir
en 1920.
RECTIFICATIFS
> A la fin de l’article de Juan Gil sur
Magellan (L’Histoire n° 476, p. 42),
il faut lire Galice, communauté
autonome d’Espagne, et non pas
Galicie, ancien nom d’une province
ukrainienne.
> Dans la Vie de l’édition
(L’Histoire n° 477, p. 8), nous ne fêtons
évidemment pas les 100 ans de
la naissance de Max Weber, mais
le centenaire de sa mort.
lourde
Dans une légende de l’article sur
le parc de Yellowstone écrit par
Karl Jacoby (L’Histoire n° 476),
il est écrit que les Américains
sont
« armés de mitraillettes ».
Or cette arme individuelle
n’apparaît pas avant les
années 1930 dans les armées.
Ce que l’on peut donc observer
sur la photo est en fait une
mitrailleuse.
Lucien Doljac
n
Arme
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/ N°479 / JANVIER 2021
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